Nous sommes en décembre, à quelques jours de la Noël, et le froid recouvre toute la France, de Bray-Dune à Nice, n’épargnant personne de sa morsure glaciale, ni les hommes ni les animaux ni le bitume. En effet, de larges plaques de verglas recouvrent les routes, et les automobilistes, crispés au volant, redoutent le moindre écart de trajectoire. Certains cependant n’hésitent pas à ralentir, voire s’arrêter s’ils le peuvent, pour demander à leurs congénères en difficulté s’ils ont besoin d’une aide quelconque. Oh oui mille mercis, répondront ceux encore sous le choc de l’accident qu’ils viennent de vivre, tentant dès à présent d’oublier le trauma subi. Non c’est bon merci bien en plus je suis arrivé, répondra votre serviteur.
M’allumant une cigarette les pieds enfoncés dans une neige épaisse et coruscante, je regarde ma voiture, ma chère 106, entourée de mille morceaux de plastique noir. Bon peut-être pas mille, mais un sacré paquet quand même. Il faut dire que le choc qui a suivi notre sortie de route fut très violent. Imaginez-vous, lecteurs confidents, que j’arrivais en retard sur mon nouveau lieu de travail (mais si allons, vous avez lu ça dans l’épisode 159 / où notre héros change de costume) (on me fait signe depuis la cabine de doublage que cet épisode n’a toujours pas été publié) (ne ratez donc pas sa mise en ligne prochaine !). En retard et à cinquante mètres de la grille du parking, il ne me restait qu’un dernier virage à surmonter afin de m’installer confortablement derrière mon bureau pour une belle journée de travail quand la 106 décida d’en finir. Ce virage, elle n’allait pas le suivre. Elle continua tout droit, arrachant au passage une de ces bites en grès qui délimitent la chaussée sur cette petite route de la zone industrielle, et stoppa net le nez dans la poudreuse au fond d’un triste fossé. Le morceau de grès avait lacéré tout le dessous de la voiture, c’en était fini pour elle.
Comme certains titres de comics, partis trop tôt, déchirés par les bites en grès de la rentabilité… Comme l’excellent Aztek.
Ce comics, que votre serviteur avait pris un peu par hasard, avait tout pour plaire au plus grand nombre : une paire de scénaristes aujourd’hui adulée, une équipe artistique au poil, et surtout un héros charismatique. Si vous êtes assis, accrochez vous aux accoudoirs, car ce joyau fut initié par les sieurs Morrison et Millar ! Yep sir, ceux là même responsables de titres qui restent au sommet de la mémoire comicollective. Et ces seigneurs scénaristes furent remerciés par leur éditeur par un splendide arrêt de publication au numéro 10. Fin de l’aventure Aztek.
Désolé de plomber l’ambiance, de vous allécher avec une pépite qui fait pschiiiit, mais après tout la vie n’est pas toujours rose bonbon avec des éclats de fraise à l’intérieur. La vie, des fois, elle s’arrête. Que ce soit pour les comics, les voitures, ou même les gens. Je vous demanderai donc de sortir dans le silence, de lire vos bd préférées tant qu’elles sont publiées, de conduire votre automobile tant qu’elle est motorisée, et d’aimer vos gens tant qu’ils sont en vie. Car après il sera trop tard.
C’était la leçon du jour du Saint Père OjmR, qui a bien apprécié la lecture de Chi, une vie de chat, manga tout frais tout kawaii, et qui vous le recommande par exemple ici.
OjmR
















