Episode 822 / Où notre héros révèle au monde entier un fait extraordinaire qui va en bouleverser plus d’un.

Posted in Uncategorized on 3 juin 2014 by ojmr

Comme vous le savez, votre OjmR préféré a troqué son catogan et son costume d’artiste contre celui d’agent funéraire.

Ah, personne ne vous a averti ? Mais vous ne lisez pas la presse ou quoi ?! Donc pour ceux qui ont zappé l’info, votre lecteur de comics de serviteur a postulé pour le seul emploi disponible qui voulait bien lui laisser une chance et une place, j’ai nommé vulgairement croque-mort. Ou plus joliment dit assistant funéraire.

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Pour ceux qui ont la télé, dites vous que mes journées ressemblent dorénavant à un épisode de SixFeetUnder, avec un décès en intro, une cérémonie à organiser, et le plaisir de retrouver ma petite famille le soir venu.

Je travaille en milieu rural, avec veaux vaches cochons et Madame la Mort, la grande prêtresse qui nous donne du boulot et qui se fout bien de pas mal de choses. Elle ne respecte pas grand chose, faut bien le dire, à commencer par nous, ses employés, qu’elle envoie au diable vauvert, et même qu’on n’a pas trop intérêt à la ramener, sinon elle fait grève et ce n’est jamais bon pour les affaires. Oui, désolé de casser l’ambiance de façon aussi libérale, mais c’est toujours une question d’argent. Pas la mort, non, rassurez-vous, vous y passerez, que vous ayez un découvert ou un apport à dix chiffres, ça n’est pas le problème. C’est l’après qui coute. J’en vois d’ici des mystiques inquiets, et il n’est pas question dans mon propos de lumière blanche, de tunnel nuageux, ou de vierges incandescentes… Pas cet après, j’y reviens après justement. Avant l’après, il y a l’adieu, et c’est là que l’on dit bonjour à Ojmr. Si vous avez de quoi noter, je vous fait une liste rapide et exhaustive : il va vous falloir un cercueil, des faire-parts, un corbillard, un trou ou mieux dans un cimetière, des porteurs pour vous aider à y descendre, une location d’église avec tout le barda qui va avec, des effets spéciaux qui en mettent plein la vue si vous voulez qu’on se souvienne plus de votre enterrement que de votre vie, bref, des indispensables pour partir aussi dignement que vous avez vécu. Et tout cela a un coût.

A ce prix là, je vous rassure, je viens vous chercher. Où que vous soyez. Quel que soit votre état. Enfin, dans la limite du raisonnable, pas comme certains qui abusent franchement de ma bonté si lisible sur mon visage angélique. N’allez pas vous amuser, comme ces malins qu’on transporte plus souvent qu’on l’imagine, à décéder au deuxième étage de votre maison, en plein régime hyper calorique que vous suivez scrupuleusement et qui vous fait enfin peser votre poids idéal, à savoir dans les 180 kilos.

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Mais ce ne sont pas les pires. Ceux que je redoute, ceux qui me font peur par dessus tout, ceux qui me font entrer à reculons dans leur domicile, ce sont les oubliés. Ceux qui vivaient sans bruit, et qui meurent dans l’assourdissant silence de la solitude, sur le carrelage de la salle à manger ou sur le palier. Tout seul.

C’est bon, j’ai bien plombé l’ambiance de votre lecture guillerette de blogs rigolos ? Hé oui, fini le tonton OJ qui faisait marrer dans les chaumières de Béthune à Nice, en passant par Ottawa. Finies les poilades sur de grossiers jeux de mots à propos de nos chers super-zéros ! Finie la délation artistique outrancière où l’on apprenait, hébétés, que notre comique de service trouve depuis des lustres qu’il aurait fallu expliquer de leur vivant à Carmine Infantino qu’un dessin ça se termine, à Gene Colan que la ligne droite ça existe, et à Thanos que la Mort n’est pas une fille facile.

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Si je vous fais cette confidence, c’est que je l’ai croisée maintes et maintes fois, cette coquine. Elle est douloureuse, injuste, surprenante, parfois même amusante (quand on trouve un type de plus de cinquante ans portant des vêtements girly de taille 14 ans), souvent touchante, mais toujours définitive. Et je vais même vous donner en exclusivité interplanétaire un secret que seuls les meilleurs employés de pompes funèbres connaissent, mais que la déontologie interdit de dévoiler tant cette info risquerait de jeter le discrédit sur toute une profession. Et comme je suis un jeune chien sot sans déontologie ni éthique, je vous livre ça franco de port : après la mort, la vie continue…

Comme ce blog d’ailleurs, et comme cette splendide série que vous pouvez découvrir en cliquant ici…

OjmR

Episode 628/ Où notre héros console téléphoniquement un ami anglophone de longue date.

Posted in Bla bla et bla. with tags , on 4 novembre 2012 by ojmr

It was 3 in the night and I was sleeping profondément when the telephone ring my bell. I ran in colère to décroche, because it’s not a good way to réveille people that sleep profondément. I said a « ALLO ? » not piqued des hannetons, and I heard someone crying at the other side of the line.

– Odji ? It’s Georges here. I’m… I’m sorry to… disturb you in the middle of the afternoon, but I… need to talk to my best friend right now…

– It’s ok, I said, it’s not like I was doing something productive… What is it the matter, Georges ? Why it is you cry Argentina ?

– I sold my soul, Odji. I prostitute with Mickey…

– What ? But I don’t understand, he was with me tonight, and we watched his movie where he is a wrestler on the retour… And in plus he promised a long time ago he would never prostitute again !

– Not Mickey Rourke, you funny buddy holly, I did it with Mickey Mouse !

My blood became ice as I understood why Georges was crying so strongly. He put his pants down in front of the diabolical mouse, and got it deep in the derrière. He took the big check and lot of good time, but now that the cuite was over, he realized the terrible mistake he made. He knew something bad was coming for Indiana, Luke, and Vador. And when he called back Mickey, that little bastard with big black round ears told him with his voice aigüe that it was too late to apologize, his children belonged to the evil mouse now, and if Georges tried again to join them, the mouse will send him the bad dogs from hell…My friend was lost and wanted to hear my good conseils.

– You know Georges, you don’t have to put yourself in this state of mind, maybe Mickey will take good care of your children, maybe you’re making a mountain high enough, maybe it’s not the bigdil…

– But my good old friend of mine Odji, the Mouse already did that with Marvel, and you know what happened… You were there, don’t cha ?

I smiled inside because I imagined Georges deguised like a pussycat doll, but I fremished over my skin when I thought to the sad sad story of Marvel… A long time ago, in a far far galaxy, the same evil mouse knocked at the door of the House of Ideas, with a malette full of dollars, and bought all the comics inside. The book seller was happy at first, like Georges.  But he dechanted very fast and furious, when he received the list of comics the next month. Mickey changed everything, and gave its orders :

1/You put tomato juice instead of blood, and readers will be happy with nice stories with not trop horrible monsters. It will bring new readers.

2/You start again from the start with new heroes but like the old. Yes, a relaunch of the whole Universe every month. It’s easier for new readers like that.

3/And you make the story into comics like the story into the films we sort, because yep baby we will make looooots of films and they will ramener looooots of money because it’s the nerf of the war, isn’t it ? And it’s easier for new readers.

4/And one more night, you put Black Widow back in the Avengers. New readers love her.

It was the drop of water that made the vase to debord, because, honestly, please dear God in Heaven, do we really merit that ? Black Widow ??..

But then again, Marvel was obliged to shut up, and that brings us back to my sad pal Georges. Who was still cryin in the wind and in my ear.

– Do you know what they want to do, he cried, do you imagine the plan they have for my universe ? They talked about Indiana Jones having Mowgli as a sidekick ! Tic and Tac will become kings of the Ewoks ! And a new trilogy will reveal the secret origins of Jar Jar Binks !!! Do you realize, 3 long boring movies about a creature I invented just for the deconne !!!! I’m finished, Odji, I should never never have accepted that money !

– It’s okay Georges, my white hair buddy, everybody would have cracked for a milliard dollar baby…

– Not one, said my friend renifling his morve, I accepted 4 milliard of american dollars…

I instantanetly raccroched the phone at his nose, because it ecoeured me we speak such a shame of money while poor people are dyin all over the world. And the worst thing in this sad story is that I couldn’t find my sleep again, all excited I was with Scarlett Johansson in leather suit running after me.

Episode 659/ Où notre héros trouve que c’est différent tout en étant pareil.

Posted in Bla bla et bla. on 3 novembre 2012 by ojmr

Je sens à vos airs circonspects que le titre de l’épisode d’aujourd’hui vous laisse perplexe. Mais que veut-il dire par là, Tonton Ojmr aurait-il perdu les pédales, va-t-il enfin trouver une place en institut spécialisé pour vieux sentant l’urine jusque dans le cou ? Que nenni, je ne sens pas tant que ça, et laissez moi vous conter ma pensée de ce jour, amen.

Depuis quelques mois, un ouragan souffle dans les jolis rayonnages de vos kiosques préférés, agencés avec amour par de beaux employés entièrement dévoués à la cause comicquesque (Certes pas tous, mais une bonne partie d’entre eux.)(Bon, ils sont peu nombreux mais je suis certain qu’il y en a quelques uns qui soutiennent le comics.)(Un ou deux à travers le pays alors ?)(Savez quoi, je m’en fiche, celui chez qui je m’approvisionne les aime et c’est bien le plus important. Il n’y a qu’à voir le sourire radieux qu’il arbore chaque fois que je franchis fébrilement le seuil de sa boutique, sentant mon amour pour le comics suinter à travers les pores de ma peau douce et délicate.)(Et la mauvaise foi de mon épouse adorée n’y fait rien, ses remarques acides concernant l’intérêt du vendeur susnommé uniquement porté à mon portefeuille me glissant dessus sans me griffer la peau que j’ai douce et délicate mais vous le savez déjà.)

Cet ouragan s’appelle Urban Comics et son arrivée m’a inondé le coeur. Cet éditeur, qu’il soit béni des dieux, a repris à bras-le-corps le catalogue DC et Vertigo, à coups de sorties librairie qui tuent tout et de parutions kiosque qui achèvent tout ce qui reste. Je ne vais pas m’enflammer sur ce blog, ce serait indécent et ça sentirait le roussi, mais je trouve que DC a désormais ses chances de lectorat assidu dans notre hexagone de pays. Je ne vais pas non plus énumérer ici la liste des somptueux albums parus ou en passe de le devenir, il vous suffit de vous rendre en boutique spécialisée pour vous rendre compte par vous même de l’incroyable vague de titres échoués dans le rayon BD de votre crèmerie. Et rien que ça m’a réchauffé le coeur. La cerise sur le gâteau étant les rendez-vous mensuels avec les titres SAGA.

Attention, je vous avertis derechef, il n’y a aucun rapport avec l’excellent site closecallcomics.com et sa série SAGA, si ce n’est une propension au talent qui en met plein les yeux. Chez Urban Comics, le terme SAGA identifie les 3 revues principales que sont Batman, Green Lantern, et DC (ce dernier regroupant les titres JLA, Superman, Flash et Supergirl) et c’est un régal !

Et tel ce bon vieux Marcel, je me retrouve chaque mois devant une belle madeleine bien odorante, faite de pages emplies de bulles et de dessins et de suspense et d’action. Et tel Marcel, je retrouve mes vieux automatismes, comme à l’époque des perles qu’étaient les membres de la grande famille Strange. Souvenez-vous, le Special, le Special origines, le tout court, et les autres… Perso, je commençais par feuilleter à toute vitesse, je repérais les césures, je localisais en un coup d’oeil LA planche à ne pas rater. Puis je m’installais, et je dévorais par ordre de préférence. Normal, les chouchous d’abord.

Comme dirait Captain America, c’est reparti comme en 40.

J’ai un énorme coup de coeur pour Green Lantern, qui débute mensuellement avec goût puisque la série première est dessinée par Doug Mahnke. Oui oui, vous avez bien lu, l’artiste (qui m’a fait apprécier Superman il y a une dizaine d’années de cela) est au commandes des crayons verts et dessine le destin de Hal Jordan. Ca me touche autant que Silvestri sur les X-Men période australienne, et j’ai la chair de poule en y repensant. Soit dit en passant, nous pourrions rendre hommage à Doug en nous replongeant dans Major Bummer, car c’était drôle et bien rythmé et ça s’est arrêté trop tôt et c’est injuste et c’est l’industrie qui veut ça et l’on n’y peut rien changer. Sauf en cliquant ici.

Même chose avec Greg Capullo, qui officia avec brio sur X-Force il y a un an, il y a un siècle, il y a une éternité, merci Joe. Le dessinateur (qui selon moi s’était embourbé dans la cape de Spawn pendant un trop long moment) revient en très grande forme et illustre à merveille les scénarios très efficaces de Scott Snyder dans la revue Batman Saga, et se trouve bien accompagné de trois autres titres (même si j’émets de grandes réserves envers Batgirl qui me laisse un peu de marbre…).

Et ainsi de suite avec DC Saga, et les divers numéros hors-série sortis à ce jour. Belote rebelote et dix de der pour une sensation qui m’avait quitté ces derniers temps concernant les publications Panini, avec, comme point de chute et de largage d’envie, la conclusion archi-pourrite de Fear Itself , qui tel un oeuf m’a brouillé avec l’univers Marvel. Et contrairement à Hervé Vilard, qui ne croit pas qu’il y retournera un jour à Capri, je ne ferme pas ma porte aux vengeurs ni à spidey ni aux mutants de tout poil mais j’invoque juste une pause, comme dans un couple qui traverse une phase délicate, où l’un des deux réalise qu’il a besoin de temps, pour faire le point, pour se ressourcer, se retrouver. Et s’éclater avec des titres canons qui redonnent l’envie d’aimer les comics.

OjmR

Episode 443/ Où notre héros réalise qu’il est temps à nouveau.

Posted in Bla bla et bla., Le Pigeon, Nouvelles, histoires courtes on 2 novembre 2012 by ojmr

C’est en raccompagnant Jean-Louis Aubert à sa voiture que ce sentiment m’a frappé dans le dos comme le sale traitre qu’il est. Cet étrange sentiment de culpabilité. Tandis que je faisais signe à JLA depuis le trottoir, je me disais qu’il avait peut-être trop bu pour repartir ainsi, mais que de toute façon il était trop tard, en plus les feux arrière de sa grosse berline venaient de disparaître au coin de la rue. Tant pis, me dis-je, en espérant que son chauffeur ne soit pas trop sec dans les virages, pour éviter que le chanteur ridé ne vomisse dans l’habitacle confortable de sa voiture, qui le serait alors beaucoup moins.

Ce sentiment coupable ne me quitta pas, et je l’emmenai même dans le lit conjugal, ne sachant pas exactement à quoi le rattacher, puisque Jean-Louis m’avait textoté son retour sain et sauf en son domicile, en plus il n’avait presque pas vomi, et je fus soulagé pour sa banquette arrière. Non, il y avait quelque chose dans l’air ce soir, et même Phil Collins l’avait senti (pas le chanteur, le poisson de l’aquarium).

Je m’endormis tant bien que mal, et la réponse à mon énigme nocturne m’apparut alors.

Je m’balladais sur l’avenue, le coeur ouvert à l’inconnu, et je reconnus cette bonne vieille pomme de Somain, ma ville natale, la ville de mon enfance, avec ses habitants familiers et ses boutiques intemporelles et ses souvenirs marquants. Et c’est ainsi que je rencontrai certains de mes premiers textes. Ils n’avaient pas de forme précise, ils ressemblaient à des nappes de brouillard, et m’entouraient doucement pour me rappeler leur contenu. Ah oui cette histoire de super-héros dépressif ! Et là, cette nouvelle sur la vengeance d’un candidat à un jeu télé ! Que de souvenirs, dites donc… Et ici, cette histoire de… de… de quoi déjà ? Elle finissait comment déjà ? Et ce brouillard incomplet m’étrangla rageusement, m’écrasant les poumons…

– Argh !!! Que se passe-t-il ? Pourquoi… tant de méchanceté ?.. demandai-je, à moitié conscient.

– Ourquoi ? U ose emander ourquoi ?? Ale atard, u nou a amais erminé, ale umier ! nou somes es fatomes incoplets, et amais u va nou inir ! On v te uer onnard !

Et je remarquai avec effroi que derrière ce texte grossier et virulent, des centaines d’autres attendaient leur tour, chacun était prêt à me sauter à la gorge et m’étrangler et m’étouffer. Je sentais ma dernière virgule venue.

Je me réveillai tout moite aux côtés de ma moitié qui dormait lourdement et ne soupçonnait pas la terrible menace à laquelle je venais d’échapper. Je réalisai alors que je m’étais mal comporté avec ces vieux amis. J’étais tel à un fabriquant de chaises, qui s’appliquait à faire une assise et un dossier confortables et qui s’arrêtait au deuxième pied. Et qui s’étonnait que personne n’aimait ses chaises.

Le lendemain matin, les yeux encore tout collés, j’allumai l’ordinateur et repris l’écriture d’une histoire inachevée. J’allais terminer Le Pigeon, et plus rien ne serait comme avant.

Episode 658/ Où notre héros, qui avertit la terre entière d’une invasion déjà bien avancée, réalise qu’il fait peut-être là son titre le plus long.

Posted in Bla bla et bla. on 2 novembre 2012 by ojmr

Au téléphone l’autre jour avec mon bon ami Axl, qui déprime pas mal en ce moment, à cause de son groupe qui envisage de se séparer après s’être réformé pour la cinquième fois depuis la dernière séparation au lendemain du concert de la reformation (ce qui fait mal à la tête à défaut de faire mal au coeur), tandis que j’éludais poliment une énième soirée de débauche dans son appartement de Ellaye (prononcez L.A.) en prenant des gants pour ne pas froisser le triste sire qu’il était devenu, oui mais tu comprends Axl c’est pas que je veux pas mais ma femme ne t’aime pas et tu fais peur au petit donc commence par mettre un pantalon et peut-être que là… Ses pleurs et couinements me parvinrent et me serrèrent le coeur que j’ai pourtant gros, et il m’émeuva pour de bon lorsqu’il balbutia, la voix pleine de morve, tu sais Oji que rien ne dure pour toujours et nous savons tous deux que les coeurs peuvent changer et il est dur de tenir une bougie sous la pluie froide de novembre… Et j’ai réalisé d’un coup qu’il avait raison. Nous sommes déjà en novembre.

Je raccrochai au nez de l’incompréhensible individu et me ruai sur la boîte aux lettres qui dégueulait de catalogues colorés aux pages emplies de jouets. Oh Grand Saint Père Noël la joie me titille car ta Parole est belle et ton Chant est joyeux : la folie commerciale pouvait commencer, tu avais enfin donné le feu vert aux délicieux hyper super hypra et autres giga marchés pour dévaliser les parents du peu d’euros qu’ils ont économisé au long d’une difficile année de labeur, à coup de pleurs d’enfants qui les aimeront moins s’ils ne font pas l’offrande du bon jouet la nuit magique venue. Je ne fais pas le malin car je sais que je vais y passer. Heureusement que cette année la passion de Junior tourne essentiellement autour des interrupteurs. Oui je sais, bizarre comme centre d’intérêt mais c’est ainsi, le fruit de mes entrailles peut passer un quart d’heure à allumer éteindre allumer éteindre allumer éteindre la lumière (et je suis sympa, je vous ai fait la version courte et de jour, car la pénombre venue c’est fatiguant et ça nique les yeux). Donc Cher Papa Noël, quand tu descendra du ciel, amène des interrupteurs par milliers, mais pas dans mes souliers sinon tu vas les agrandir.

Je m’installai donc à feuilleter tranquilou ces catalogues, empli d’une nostalgie de vieil occidental qui n’a pas connu la guerre mais juste l’opulence chaleureuse de la bourgeoisie française au coin du feu, lorsque mon regard attendri tomba sur les pages réservées aux super-héros, avec en vrac et dans le désordre Spiderman, Batman, les Vengeurs (oui je dis pas Avengers et je les appelle comme je veux), une poupée inconnue super-héroïne, un green lantern…. Wowowowowo erase et rewind comme dirait cette mimi Nina, une poupée lambda déguisée en wonder-super-bat-girl ! Mais que se passe-t-il ? De quel droit ?? POURQUOI ???

Parce que les super-pouvoirs sont parmi nous. Ils font désormais partie du domaine public.

Il y a bien longtemps de cela dans une galaxie pas, pas éloignée du tout, votre serviteur en culottes courtes baignait quasi esseulé dans une mare de super-pouvoirs. Les amis qui partageaient ces lectures étaient fort peu nombreux, et on me ramenait souvent aux « vraies bédés » qu’étaient Tintin, Astérix et Lucky Luke lorsque je m’enflammais sur le dernier épisode de Rom le robot qui n’était pas roumain. Avoir quelques connaissances en x-men ou vengeurs suffisait pour qu’une amitié solide apparaisse sous le préau de l’école, c’était même un signe de ralliement digne du « Vengeurs Rassemblement !  » crié par ce bon vieux Cap. Je ressens par exemple encore aujourd’hui toute l’excitation du voyage organisée entre amis dans la grande ville de Douai avec une poignée de croyants pour la sortie du Batman de Tim Burton qui nous avait poliment troué le séant.

Mais ce temps d’innocence est révolu. Désormais les pouvoirs sont à la mode, comme le furent les Kiki ou les robots de toute sorte. Allumez la télé ou allez au ciné pour tomber sur du super-héros de seconde zone, en dessin animé ou en téléfilm ou en pacotille… Il n’y a plus de retenue et bien souvent plus de respect pour le collant et la cape. Triste époque que la notre. Et ne nous y trompons pas, les éditeurs de comics sont complices de cette vulgarisation outrancière de notre mythologie, avec reboot relaunch et rereboot de leurs univers respectifs.

Est-ce là le signe pour les vieux de lâcher l’affaire ? De passer la main aux rookies qui croient tout connaitre ?

C’est un tonton Ojmr désabusé et interrogatif qui vous conseille tout de même la lecture du fantastique album Geoff Johns présente Green Lantern Tome 1 : Sans Peur qu’a magnifiquement publié Urban Comics et qu’a efficacement écrit Geoff Johns et qu’a splendidement dessiné Carlos Pacheco et que facilement trouverez ici.

Ojmr

Episode 657 / Où notre héros apprend que ses jours sont comptés.

Posted in Bla bla et bla., Uncategorized on 31 octobre 2012 by ojmr

Sagement assis les mains sur les genoux, les yeux posés sur le carnet du médecin, j’attends son verdict. A part quelques hmm hmm et des allers retours vers son gros bouquin « La médecine pour les nuls », rien ne transparait de son comportement. Nos regards se croisent un instant, il semble vouloir me demander quelque chose, mais replonge instantanément sur son écriture. C’est long. Je me sens obligé de tousser pour tuer le silence écrasant.

– Bon, lâche-t-il enfin, on ne va pas y aller par quatre chemins, autant être franc avec vous, de toute façon ça n’y changerait rien…Voyez-vous, j’aime être direct avec mes patients, quand il y a un problème je le cible et c’est mieux pour tout le monde, vous voulez savoir ce que vous avez et je conçois le plus naturellement du monde que c’est votre droit. Comme le mien est de vous soigner – à défaut de vous guérir…

– Ah ? Et alors ?

– Pour vos oreilles, vous allez rire, c’est à cause de la clope. Arrêtez de fumer et vous retrouverez vos tympans de jeunesse. C’est aussi simple.

– Ok, mais pour…

– Pour votre coeur qui merdouille, oui. Pareil. La clope. Stop.

– Aussi ? Et…

– Votre dos ? Un peu de marche tranquille. Sans clope. Voila voila…

– Docteur, je vous rappelle que je suis venu vous voir pour mon problème d’écriture. Pourquoi je n’écris plus ?

– Ah mais là mon gaillard, le hic est en vous, je ne suis pas psy moi. Vous me faites penser à cette dame qui est venue l’autre jour, toute rouge et toute inquiète, qui me dit qu’elle ne fait plus caca. Très bien, lui ai-je dit, mais avez vous seulement envie ? Même chose pour vous, vous n’écrivez plus, certes, mais avez-vous envie ?… Ca fera 60 euros, à cause des dépassements d’honoraires et des recherches approfondies que j’ai dû faire.

Et il m’a mis dehors, sans clope et avec un énorme point d’interrogation au dessus de la tête. Ai-je envie ?…

Il y a bien longtemps de cela, au siècle dernier, quand une bédé coûtait dix francs et le téléphone n’était pas portable, Lug éditait les grands classiques Marvel en format XL, ce qui permettait aux jeunes ignares comme moi de découvrir des pans entiers de l’histoire du comics avec un grand H et un grand C. C’est ainsi qu’avec effroi, je lisais cet épisode cauchemardesque où un Peter Parker fatigué et désabusé décidait de jeter l’éponge et par la même occasion le costume rouge et bleu de spiderman. Dans une poubelle.

Peter n’avait plus envie. Pire encore, dans cette scène déchirante, il pense que pour grandir, le garçon qu’il était doit abandonner ses jouets. Le costume de Spidey, un jouet ??? Mais zallons, un peu de bon sens, que diable ! Ce costume est l’essence même de Peter. Sans lui, point de Spidey, point d’aventures virevoltantes, point d’histoires accrocheuses, point final. Ne nous leurrons pas, jamais le lectorat ne dépensera son argent de poche pour suivre les aventures d’un laborantin binoclard et timide, où l’intrigue principale est d’enfin savoir si Tante May va préparer la tarte préférée de son neveu avant son retour d’une journée chargée en émotions, car oui le directeur du labo a fait tomber une fiole sur les chaussures de Peter et ses chaussettes sont mouillées et la fille dont il est secrètement amoureux a bien rigolé. En deux mots : Passionnant !

Tout le monde se doit d’avoir un costume de spidey dans sa garde-robe.

Je me souviens avec précision d’un jour ensoleillé de juin, lors de mes années de lycée, sac US sur l’épaule, d’une discussion avec mon ami d’enfance, pour qui les études étaient plus une corvée qu’autre chose. Suite à une énième année scolaire catastrophique, il avait pris une décision qui allait changer sa vie : il plaquait tout, école famille amis, pour rejoindre l’armée, et tenter de devenir gendarme. Dès le mois de septembre il ne ferait plus partie de mon univers proche. Il partait pour construire et consolider le sien, en rendant son rêve réel. Et il me demanda le mien, de rêve. Après une micro-seconde de réflexion, je m’entends encore lui annoncer qu’un jour, je serais auteur de comics. Il m’a souhaité bonne chance, nous avons partagé un dernier été, et nos vies se sont éloignées.

Bien des années plus tard, je fus invité à son mariage, où il m’est apparu entier et serein, dans son uniforme rutilant de gendarme, au bras de sa resplendissante jeune épouse. Il avait rêvé et concrétisé sa vie. Il méritait ce jour-là de porter aux yeux de tous son costume de spidey.

Rassurez-vous, amis lecteurs, Peter Parker aussi a repris son costume de spidey, et il est reparti pour de chouettes aventures faites de coups dans la tronche, d’humiliations et de défaites, pour le plus grand plaisir de ses sadiques lecteurs.

Quant à moi, je n’ai toujours pas remis la main sur le mien, de costume. J’ai cru un instant l’avoir sur les épaules, lors de la lecture du splendissime Daytripper paru chez Urban Comics. Mais ce n’était qu’une fausse alerte, ce bouquin magistral me faisant délirer tant la narration et le dessin sont touchants et justes et boulversants. Je vous en prie, vous aussi éprouvez cette touchette, cette justesse et ce bouleversement en cliquant ici.

OjmR

Episode 167 / Où notre héros frôle la mort à 6km/h.

Posted in Bla bla et bla., Super-héros on 27 août 2011 by ojmr

Nous sommes en décembre, à quelques jours de la Noël, et le froid recouvre toute la France, de Bray-Dune à Nice, n’épargnant personne de sa morsure glaciale, ni les hommes ni les animaux ni le bitume. En effet, de larges plaques de verglas recouvrent les routes, et les automobilistes, crispés au volant, redoutent le moindre écart de trajectoire. Certains cependant n’hésitent pas à ralentir, voire s’arrêter s’ils le peuvent, pour demander à leurs congénères en difficulté s’ils ont besoin d’une aide quelconque. Oh oui mille mercis, répondront ceux encore sous le choc de l’accident qu’ils viennent de vivre, tentant dès à présent d’oublier le trauma subi. Non c’est bon merci bien en plus je suis arrivé, répondra votre serviteur.

M’allumant une cigarette les pieds enfoncés dans une neige épaisse et coruscante, je regarde  ma voiture, ma chère 106, entourée de mille morceaux de plastique noir. Bon peut-être pas mille, mais un sacré paquet quand même. Il faut dire que le choc qui a suivi notre sortie de route fut très violent. Imaginez-vous, lecteurs confidents, que j’arrivais en retard sur mon nouveau lieu de travail (mais si allons, vous avez lu ça dans l’épisode 159 / où notre héros change de costume) (on me fait signe depuis la cabine de doublage que cet épisode n’a toujours pas été publié) (ne ratez donc pas sa mise en ligne prochaine !). En retard et à cinquante mètres de la grille du parking, il ne me restait qu’un dernier virage à surmonter afin de m’installer confortablement derrière mon bureau pour une belle journée de travail quand la 106 décida d’en finir. Ce virage, elle n’allait pas le suivre. Elle continua tout droit, arrachant au passage une de ces bites en grès qui délimitent la chaussée sur cette petite route de la zone industrielle, et stoppa net le nez dans la poudreuse au fond d’un triste fossé. Le morceau de grès avait lacéré tout le dessous de la voiture, c’en était fini pour elle.

Comme certains titres de comics, partis trop tôt, déchirés par les bites en grès de la rentabilité… Comme l’excellent Aztek.

Ce comics, que votre serviteur avait pris un peu par hasard, avait tout pour plaire au plus grand nombre : une paire de scénaristes aujourd’hui adulée, une équipe artistique au poil, et surtout un héros charismatique. Si vous êtes assis, accrochez vous aux accoudoirs, car ce joyau fut initié par les sieurs Morrison et Millar ! Yep sir, ceux là même responsables de titres qui restent au sommet de la mémoire comicollective. Et ces seigneurs scénaristes furent remerciés par leur éditeur par un splendide arrêt de publication au numéro 10. Fin de l’aventure Aztek.

Désolé de plomber l’ambiance, de vous allécher avec une pépite qui fait pschiiiit, mais après tout la vie n’est pas toujours rose bonbon avec des éclats de fraise à l’intérieur. La vie, des fois, elle s’arrête. Que ce soit pour les comics, les voitures, ou même les gens. Je vous demanderai donc de sortir dans le silence, de lire vos bd préférées tant qu’elles sont publiées, de conduire votre automobile tant qu’elle est motorisée, et d’aimer vos gens tant qu’ils sont en vie. Car après il sera trop tard.

C’était la leçon du jour du Saint Père OjmR, qui a bien apprécié la lecture de Chi, une vie de chat, manga tout frais tout kawaii, et qui vous le recommande par exemple ici.

OjmR